Voir ailleurs si l’herbe est plus verte…

Des news de Seb que nous avions oublié de mettre en ligne.

Voilà qui est réparé !

Milles excuses Seb…

6 février….

Après 23 heures de bus, nous arrivons sous la pluie à Lubjana, il est 4h du matin, un taxi, malin, avait suivi le bus,flairant les personnes paumées à cette heure ci au milieu de la capitale. Il a bien flairé car nous n’avions pas le courage de nous lancer dans une rando citadine à cette heure même si pour finir, l’hôtel n’était pas loin.
Évidement, nous trouvons l’hôtel fermé et devons attendre jusqu’à 9h. Laura nous a trouvé une petite terrasse de bar où les bancs n’avaient pas été enlevés. Ça et nos supers duvets nous feront un lit parfait.
Dès 6h, deux jeunes et le patron du bar, grosse marmule au crane rasé viennent finir leur soirée sur cette terrasse. Nous sommes évidement surpris et nous inquiétons de passer pour des migrants qui à notre avis sont sûrement moins bien reçus que deux jeunes avec des passeports français. Don’t worry you can sleep, all ıs ok.
Cette phrase est un peu à l’image des nombreuses situations et rencontres que nous avons pu vivre dans la partie balkanique de notre périple. Rarement, voire jamais de rapport hostile.
Le lendemain et durant la semaine où nous sommes restés, nous avons retrouvé les rues de lubjana, les cafés, les bars, ces graffitis (LES MIENS étaient encore là) que nous avions découverts 2 ans auparavant, mais sans son charme.
Charme qui m a pourtant donné envie de faire ce travail sur l’histoire de l’autogestion yougoslave.
Lubjana a un centre pour touriste, propre, beau, à l architecture hosto hongroise, on y voit pas de pauvre, pas de police, pas de migrant (Qui sont pourtant quelque part dans cette ville située au carrefour de l’Europe) des graffitis antifa et 2 squats d’artistes qui lui donnent un côté underground mais bien maîtrisé, CARRÉMENT FOLKLORIQUE. Dans ce squat, aux soirées techno à 10€, on y trouve autocollants anar, antifa, etc et on peux aussi y discuter avec des fils de patrons, des jeunes économistes à la vision très libérale en manque de sensations fortes ou voulant se débrider un peu.
Comme nous l’a précisé Lev Centrıh, historien spécialisé sur l’autogestion yougoslave, les pauvres sont à la périphérie, avec les migrants et tout ceux qu’on ne veut pas voir. Au delà de la description assez négative de la ville que nous avons eu, nous avons fait de belles rencontres, comme Rasko, sociologue renommé qui a participé au blocage de la faculté de philo et a passé son temps à utiliser les outils d’organisation offerts par le système autogestionnaire pour contrecarrer le pouvoir titiste et la main mise du parti communiste. Une radio autogérée, créée par Rasko qui aujourd’hui semble être le seul héritage existant d’un système autogestionnaire à lubjana, et une superbe découverte, un café, qui lui n’a pas subi le remodelage de la ville, qui n’a sûrement pas bougé depuis 1950, tant sur la déco, que le carrelage, les tables et les clients. L’odeur de pisse mélangée à la gnôle et au café et aux vociférations des clients qui tiennent debout que grâce au comptoir sous le regard protecteur de Tito qui est partout sur les murs.
Après une semaine d’interviews, nous sommes partis pour Tuzla, ville minière du nord de la Bosnie.
Nous n’avons pas pris le temps d’aller à Venleje à 1h30 de lubjana où nous attendais Rasko qui souhaitait nous présenter des anciens mineurs et une coopérative agricole. Nous avions hâte de quitter cette ville décor théâtral entre yougo nostalgie, Europe libérale et culture underground maîtrisée ET retrouver la Bosnie qui me manquais et que peut être je fantasmais. Enfin remonter à travers le temps, le temps de la Yougoslavie.
Je repasserais par cette étape, ainsi que la Croatie, rencontrer les ouvriers de Jedınovo à mon retour.
Nous partons donc le samedi d’après notre arrivée à lubjana en train en direction de la Bosnie, pour Doboj et ensuite faire le reste de la route en stop.
Pour commencer, nous prenons le train à 6h sans le bon billet pour une seule personne. Le contrôleur nous laisse passer. A ZAGREB ÇA NE PASSE PAS. Nous passons les frontières ou l’ensemble des douaniers nous questionnent de manière insistante sur l’objet de notre périple. Ils font tous référence ( Il en est de même dans les hôtels) aux français qui partent pour la Syrie.
Nous arrivons à Tuzla cette fois à une heure qui nous permet de bien gérer notre hébergement.
COMME JE L AI DIT TUZLA EST LA VILLE INDUSTRIELLE DE LA BOSNIE LA PLUS IMPORTANTE ET PEUX ÊTRE celle qui employais le plus de gens. C’était aussi une des villes les plus importante de Yougoslavie.
Lorsqu’on arrive a Tuzla, la fierté de la ville nous accueille : L’usine hydroélectrique, l’usine de chimie Dita, les mines de sel, et plein d’autres usines. L’usine hydroélectrique est la plus importante d’ex Yougoslavie c est vous dire la taille du complexe. Autant dire pas très accueillant pour du tourisme. Au contraire, je ne suis que plus excité de la potentielle mine d’info et d’histoire d’ouvriers que je pourrais collecter. Je n’ai qu’une hâte, creuser la culture ouvrière de cette ville.
A la gare où nous nous faisons déposer, un taxi propose de nous héberger dans sa garçonnière pour 5 euros la nuit. Un appartement que nous ne quitterons pas de la semaine.
Tuzla, c’est moche mais qu’est ce que c’est attachant et passionnant. Contrairement à Lubjana, il n’y a pas vraiment de répartition sociale dans la ville. Les maisons chauffées au charbon soufré, côtoient les immeubles, architecture yougoslave (qui n’a rien à envier à nos vieux immeubles de banlieue parisienne) GRAND ET GRIS ET DÉLABRÉS. La ville est en cuvette où passe au milieu une rivière canalisée. La ville est coupée en deux rives. Ces quartiers délabrés côtoient un centre ultra moderne avec des hôtels flambants neufs et un centre commercial assez important. C’est vraiment l’image de l’histoire de cette ville qui a du mal à passer sa période yougoslave, qui garde ces bâtiments comme de vieilles reliques, la guerre étant passée par là et ayant laissé des traces, sur les murs comme sur les visages, et l’entrée du capitalisme brutal.
usıne
 Dans les guides touristiques comme dans la bouche des gens, et quelle que soit leur culture politique, origine sociale, tous disent que Tuzla est une ville où l’on ne regarde pas ta religion, tes origines, etc… et que l’on t’accueillera les bras ouverts et l’on fera n’importe quoi pour t’aider.
Nous avons pu le vérifier. Pendant la seconde guerre mondiale Tuzla a été un haut lieu de résistance antifasciste et les gens le revendiquent toujours. Contrairement aux autres villes de Bosnie, ici pas de bureau du parti nationaliste. Pendant la guerre des années 90 Tuzla a été une des rares villes, si ce n’est la seule, où les populations musulmane,serbe, croate et bosniaque ne se sont pas divisées et ont combattu ensemble les nationalistes serbes.
CETTE HISTOIRE, LES GENS SONT FIERS DE LA RACONTER du café à l université.
statut tuzla
L’emblème de la ville est une statue qui représente les luttes ouvrières de 1920, qui ont été réprimées dans le sang. Cette histoire est aussi l’emblème du club de foot SLOBODA (LIBERTÉ en serbo croate) aux couleurs noires, pour la mine et rouges pour le sang versé lors de la lutte. ET ça les supporters que nous avons rencontré comme les joueurs de foot que nous avons aussi rencontré, le portent bien. Surtout lorsqu’ils jouent contre l’équipe de banja luka située dans la partie serbe de la Bosnie ( RÉPUBLIQUE SERBE) à tendance nationaliste.
Aujourd’hui les usines ferment comme partout et le chômage atteint plus de 50 pour cent et 60-70 pour cent chez les jeunes. On ne s’étonne donc pas que les gens soient dans la rue toute la semaine, que les paris sportifs sont les premiers employeurs du secteur et qu’ils soient dispo pour nos interviews.
Cette histoire et le chômage actuel ont été un terreau fertile à une importante lutte menée en 2014 suite à la privatisation de l’usine Dıta. Ces derniers étaient déjà dans une lutte qui durait depuis 3 ans. 2014 a été le point de rupture. C’est à ce moment que la société civile a soutenu les ouvriers dans un grand mouvement contre la corruption et le nationalisme. Ce mouvement s’est répercuté dans toute la Bosnie non serbe. Rien ne semblait pouvoir arrêter ce mouvement, même pas la police, pas préparée à ce genre d’événement. Le bâtiment du gouvernement fédéral y est passé. Ce mouvement a débouché sur une organisation autogestionnaire, qui pour certains a été un outil qui a permis de créer un après dans la lutte et pour d’autre à casser le mouvement au moment de son apogée, en faisant rentrer les militants dans des salles, quand le feu permettait de construire un rapport de force.
Encore une fois, à Tuzla, nous tombons sur la perle rare.,,
Nous passons devant un de ces bâtiments gris, délabrés pour nous rendre dans le quartier des supporters. Nous souhaitons en interviewer sur leur participation dans la lutte de 2014. Là, un portrait de Tito sur une sorte de cage d’escalier attire mon attention.
Cette cage d’escalier qui fait 9m carré est en fait un café, le café Tito. Il est 9h et les clients qui n’ont pas moins de 50 ans, boivent déjà de la rakia (note de correctrice : eau de vie locale…). Je n ose pas imaginer depuis quelle heure.
Ce café est un musée Tito : livre,photo, citation, calendrier et je ne sais quoi. Le lieu parfait pour interviewer des nostalgiques.
Heureusement, le fils du patron parle un peu anglais et peut faire la traduction. Un de mes meilleurs souvenirs. Nous ne pouvons repartir sans les bras chargés de cadeaux. En sortant, il est déjà 12h. Nous rentrons dans le café d’à côté aux couleurs du club. Il ne faut pas oublier l’objectif de la journée : trouver des ultras.
bar tıto tuzla
Quand nous rentrons, que des hommes. De toute façon il n’y a jamais de femme dans les cafés. Tout le monde s’arrête de parler. Heureusement un des plus vieux fan du club sloboda qui traîne au café Tito m’a offert son écharpe du club que je porte fièrement. Ces couleurs facilitent la discussion. « Heueeu, quelqu’un parle anglais.? » personne. Laura est déjà assise à une table entre 4 vieux et la rakıa coule a flot avec café et coca tout ça en même temps. Nous en oublions presque notre objectif. Pendant ce temps on me passe un téléphone avec quelqu’un qui parle anglais. Je lui explique mes intentions. 10 min plus tard (cela fait à peu près 20 min que nous sommes là) un trentenaire nous fait monter dans une bmw. Nous ne comprenons pas grand chose à ce qu’il se passe. il nous emmène dans un autre café, le repère des supporters où nous rencontrons un des leaders et échangeons sur le sujet qui nous intéresse. Nous sortons, il fait nuit.
 A part cette petite anecdote, je pourrais écrire 100 pages sur Tuzla. Les rencontres, l’ambiance, notre quartier etc. Et je le ferais. Mais je suis dans un call center et le compteur tourne.
Nous partons de Tuzla en stop. Notre cher chauffeur nous amène au meilleur spot de stop en taxi gratuitement. Peut être un peu pour nous dédommager de la nuit sans électricité que nous avons passé la nuit d’avant faute de paiement de facture.
Nous partons pour Belgrade. Nous quittons avec regret Tuzla. Nous avions nos petites habitudes, les gens que nous connaissions de vue, on s’était un peu habitués à nous dans le quartier, et l’histoire de cette ville est un puits sans fond.
Nous mettons deux jours à faire 200 km. Nous aurions mis 1H30 en France. Seul les tziganes font du stop ou les carrément miséreux. Vraiment c’est galère. A Tuzla, des jeunes nous offrent du café sur le bord de la route. Arrivés en republıka serbska les gens nous dévisagent et se moquent. Au 100ème km, la nuit nous rattrape. Enfin la tente de 2kg nous sert. Nous dormons dans une espèce de terrain vague sur le bord de la route. Le lendemain un flic hors service nous sort de ce spot maudit et nous amène à la frontière serbe, avec de la musique trad à fond.
entree serbıe
Nous passons la frontière difficilement. Les douaniers sont insistants sur nos intentions. Ils croient que mon guide ornitho et mes jumelles sont un alibi et essaient de me coincer sur les espèces d’oiseaux visibles en Serbie en ce moment. Raté.
Nous nous faisons prendre par un joueur de foot pro de Bosnie jusqu’à Belgrade.
Là bas, nous prenons une semaine de vacances pour voir les oiseaux au bord du Danube.
Dans un des marais où nous sommes allés, nous avons demandé au bar restaurant vide de client si nous pouvions dormir dans leur jardin. Il gelait. Nous avons dormi dans le resto. Le patron s’est endormi raide mort derrière le comptoir. Il boit de la rakıa dès 7h. Au delà de ça il nous ont offert une très bonne soirée. Cependant en Serbie et encore plus en voıvodına, région riche de la Serbie, on ne parle plus trop de Tito ni de politique d’ailleurs, c’est un peu plus risqué. Les vieux portrait de Tito lorsqu’ils existent, sont poussiéreux et derrière les étagères. Poutine, lui est lustré tous les jours.
Après 1 semaine, nous rentrons à Belgrade où des interviews nous attendent.
MAIS ÇA C’EST LE PROCHAIN ÉPISODE
Au delà du périple, je rédigerais une autre note sur le sujet de l’autogestion yougo

Sébastien (et Laura)

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